Etre sexy est l'enfance de l'art.
Des hanches découpées.
Une jupe ou une robe, jamais de pantalon, évoquant la ceinture de charteté.
D'une longueur convenable, au-dessus des genoux, partie transitionnelle s'il en est, mais préservant une part d'inconnu.
Ceci afin de satisfaire à l'instinct prédateur du mâle.
Surtout.
Plus ou moins la hauteur des sabots de Bambi, en fait.
Une forme plutôt pointue, surtout pas ronde, en tout état de cause inappropriée à une petite fille.
Et inadaptée à une guerrière.
Ces déclarations s'appuient-elles sur une enquête sérieuse ?
Non.
Il m'a suffi en de rares occasions d'arborer une telle panoplie pour apprécier (attention, faux ami) le regard des hommes sur moi tout autant que l'indifférence de l'autre partie de l'humanité.
Ce jour-là par exemple.
Je ne me sentais ni très à l'aise, ni bien habillée et pourtant l'attention des hommes était irrémédiablement sollicitée, origines sociales, culturelles, ethniques, confondues.
L'allure Belle de Jour, même interprétée médiocrement, est une valeur sûre.
Je crois que nous le savons toutes.
Alors pourquoi ?
L'expression "se tirer une balle dans le pied" n'a jamais été aussi appropriée.
Passons très très vite sur cette mèche à la Dellal (un simple problème de vent, aucune radicalité).
Vous ôtez cette paire de chaussettes* et je deviens une bourgeoise tout à fait convenable.
Grâce à mes pieds, j'ai volontairement tout gaché.
Pas plus qu'Isabel Marant.
Fidèle à Balenciage
Moins que Kenzo.
Tout autant que Burberry Prorsum
Comme YSL
Céline n'a rien à m'apprendre.
And so on...
C'est rageant, et pourtant, ceci :
Ces
mini-bouts pointus qui dépassent, assortis à une tenue somme toute banale, sont un attrape-coeur bien plus efficace que toutes les créations des créateurs portées par des créatures.
* Chaussettes bio. Achetées sur un marché bio. Laine bio. Mouton bio. Aiguilles à tricoter bio.