La mode, c'est toutes aimer les mêmes vêtements au même moment.
Autant dire que ce n'est pas très classe...
YSL nous tacle par derrière : "J'ai toujours cru que le style était plus important que la mode. Ils sont rares ceux qui ont imposé leur style, alors que les faiseurs de mode sont si nombreux" (1993).
Relisons : il parle de lui et des autres couturiers.
Les faiseurs de mode, dans son esprit, c'est peut-être Karl ou Marc ou Tom*.
Et Coco (la mode se démode, le style jamais) ?
Hypothèse basse : Se tenir à un style en faisant fi des modes.


Conclusion : Avoir du style, c'est lancer les modes.
Et c'est en voyant les choses sur les autres qu'on en a envie...
Or, voilà qui est déplaisant.
Déjà à l'école, être une copieuse, c'est être une nulle.
Un exemple de suivisme récent : un pantalon carotte qui nous a rendu maboules.
Et pourtant.

Maboules et gênées.
De ne pas être originales.
De sombrer dans la fashion-victimisation totale, comme dirait une jeune fille pointue.
NE PAS ETRE COMME LES AUTRES.
Voilà notre revendication... A tous.
Comme le dit assez bien Ehrenberg.
Dangereux, car fatigant d'être soi.
Absurde, car paradoxal : si l'on veut TOUS être UNIQUES, nous sommes TOUS PAREILS.
Eloge de l'Imitation
La mode, est-ce une chape de plomb qui nous oblige ou un désir contagieux ?
On peut débattre sans fin**.
Ce serait bien de "penser par soi-même".
Malheureusement, les expériences de psychologie sociale montrent que nous avons tendance à suivre les autres.
Une marque de faiblesse ? Ou d'intelligence ?
De même que les illusions d'optique sont aussi des hallucinations utiles.
Copier, c'est utiliser les expériences des autres. Un gain d'énergie.
Personne n'est pareil.
Betty en Sarouel / TokyioBanhbo en Sarouel
Nonobstant, il y a des moments où cela importe, de faire preuve d'initiative.
* En 1999, Tom Ford prend les clés de la maison Yves Saint Laurent et en 2002, lors de la présentation de sa dernière collection, Yves Saint Laurent déclarait, sans détour : “Pour moi, le “porno chic”, c’est de l’ignominie, c’est ce qu’il y a de pire. Des horreurs propagées par une petite clique, un petit milieu de la mode qui fait beaucoup de bruit, mais qui est loin de la vie”.
** Tarde / Durkheim