Le crissement de la plume sur le cahier, l'odeur des clémentines, le battant d'un casier qui retombe... Vision pacifique de l'école d'autrefois, égalité vestimentaire, tout le monde en uniforme : paletots pour les gars, petites blouses pour les filles. Monde rural disparu, celui des mûres grappillées l'automne sur les talus, en octobre, quand les battages (et les vacances) sont finis. On entre dans la cours de la ferme, les sabots claquent sur le seuil, le poële fume. Un tartine d'une main, le crayon de l'autre, on s'applique. La trajectoire des trains qui partent en avance se confond avec le maillage de la nappe à carreaux. On joue un peu, un dernier bol de soupe, la radio parfois, quand on est riche et c'est déjà l'heure d'aller dormir. Entre les draps de chanvre, auprès du frère ou de la soeur qui chauffe déjà la couche, on s'endort bercé par les derniers pépiements d'oiseaux.
Demain c'est jeudi...